Demi-tour amorcé

Ouzbekistan, deuxième passage

On est comme des poissons dans l’eau. On reconnaît les rues, les haltes de l’aller. Même les gens parfois. On retrouve les champs de coton, les fausses voitures de police cherchant à ralentir la circulation.

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Avec un oeil averti, la visite du pays est différente. Notre appréhension du pays s’est envolée pour laisser place à un regard aiguisé, en recherche de détails. Notre regard va plus loin. Paradoxalement, nos yeux se sont habitués à beaucoup. Les photos sont moins nombreuses. Les clichés enregistrés sont différents ou permettent d’immortaliser ce qui ne l’a pas été sur le trajet aller. La gestion du plein de diesel a été toute différente. Pour commencer nous sommes miraculeusement tombés sur deux stations. Et puis nous avons pris les devants. Nous demandons aux chauffeurs de taxis ou de cars. On se laisse porter jusqu’à des revendeurs de bidons. Avant notre dernier long trajet, de Boukhara à Khiva, nous avons embarqué 20 litres de diesel en plus dans des bidons. Les filles étaient bien étonnées de nous voir faire le plein au milieu du désert. Pas le choix. On a été bien inspiré.

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Bulle internet

Wifi. Quatre lettres signes de lien avec la France, la famille, les amis. Sans elles le blog n’existerait pas. C’est une condition à notre partage du voyage. Aléatoire et fluctuante mais qui a le mérite d’exister.

Avoir une connexion signifie beaucoup. Dynamisante, énergisante et vivifiante. Donner des nouvelles, rassurer les siens. Lire des mots doux et réconfortants. Imaginer le quotidien de ceux qu’on aime. Se projeter dans le retour. Un peu mais pas trop vite. Les mails, les messages et les commentaires du blog des uns et des autres permettent des retours bénéfiques sur notre aventure. Vos questions nous interrogent. Vos encouragements nous boostent. Vos inquiétudes nous amusent. Vos ressentis nous touchent. Vous nous faites avancer.

Internet est un moteur. On vit avec habituellement. En voyage il devient une sorte de quête permanente. C’est notre lien avec vous. On aimerait pouvoir s’en passer. Assumer le fait d’aimer vivre totalement coupé du monde. Mais franchement on a nos limites. C’est le seul confort qu’on s’octroie relativement régulièrement. Autant que possible disons.

Lire ses mails, ses messages, échanger de vive voix (quand la connexion le permet) est un moment que l’on vit séparément avec Baptiste. On s’échappe de la cellule à quatre le temps de se plonger dans d’autres vies. On en a besoin pour mieux replonger dans le voyage. Quand on discute avec les uns et les autres, on part loin. On voyage jusqu’à vous. On s’imagine être tout proches. Quand la lecture, la conversation est terminée, le voyage ressurgit d’un seul coup. C’est assez fort comme sentiment. Voir violent parfois. On prend de plein fouet la réalité de l’aventure. La vie à quatre. La vie dehors. La vie sur les routes. La vie parmi les autres. La vie ailleurs.

La vie loin. Autrement.

 

Tachketn, tracasseries des visas suite et fin !

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Notre dernier visa, le turkmène, nous a à nouveau bloqués à Tachkent 3 jours. Fête de l’aïde oblige, l’ambassade était fermée deux jours. Pas de bol. Après une matinée d’attente (où le monsieur du guichet nous ayant reconnu était gêné que nous ayons attendu deux heures dehors avec les filles) et un dernier passage pour récupérer enfin les passeports, nous ressortons tout sourire. Plus d’attente, plus de stress, plus de porte close, plus de formulaires, plus de visa…jusqu’au prochain… voyage !

Un motard allemand attendant comme nous, pense intelligemment qu’il y a des milliers d’années, à l’heure de la route de la soie et des caravanes de chameaux, les histoires de visas n’existaient pas, la notion de frontière était totalement floue. Le monde se traversait bien plus vite alors que les moyens de locomotion étaient bien plus lents. Nos transports motorisés et rapides sont ralentis par les formalités administratives. Les frontières sont longues à cause du camion. À pied, les tracasseries seraient minimes.

 

Manque ou pas

Avant de lister matériellement ce que nous laissons en choisissant de voyager loin et longtemps, sachez qu’évidemment le manque essentiel est humain. La famille, les amis font partie intégrante de notre quotidien habituel. Nos familles sont proches géographiquement, nous nous voyons souvent. Nous partageons le sens de la famille et ne plus les voir régulièrement manque cruellement. Les amis permettent de s’échapper de la routine, de partager nos vies de jeunes parents et de refaire le monde. Vous nous manquez les copains. C’est la partie du voyage la moins fun. Heureusement nous avons plusieurs visites programmées sur la fin du voyage…!

Dans une petite liste non exhaustive de ce qui nous manque de temps à autre, on mettrait en vrac de la charcuterie, un gâteau au chocolat, un four pour cuisiner davantage, un verre de vin rouge, une baguette, un croissant, un pain au chocolat, un ciné, les émissions de France inter, les actualités, une garde-robe plus élargie. J’ai beau chercher honnêtement le plus dur à gérer est la distance avec les êtres chers. Le reste est superflu.

Dans une liste alternative de ce qui ne nous manque nettement moins, on mettrait en vrac le réveil qui sonne le matin, le boulot, un agenda, le ménage, courir après le temps, les horaires, les factures.

En voyageant en camion on a réussi à créer un petit cocon bien à nous. On ne manque pas de confort. Un peu de place de temps à autre mais on se rattrape sur la taille de notre jardin, ouvert sur le monde et sans barrière ni portail. La nourriture est parfois trop peu variée, mais nos appétits gourmands se rattraperont plus tard. On a hâte de (vraiment) cuisiner au retour.

 

Mi-parcours

14 juillet-14 octobre. On a passé la moitié du parcours. Trois mois achevés. Trois mois encore à inventer. Ça fait tout drôle. La route du retour a commencé. Le retour des vacances mais un retour très long pour des vacances très longues. Notre état d’esprit est différent. On a l’impression que tout va passer plus vite. D’autant plus qu’ils sont rythmés par des visites familiales. Attendues, espérées. Rentrer oui mais par le chemin des écoliers. Nous retrouvons trois pays connus (Ouzbékistan, Turkménistan, Iran) avant de découvrir l’Arménie et la Géorgie puis à nouveau la Turquie en terrain connu.

Mi-parcours. Un petit coup de blues du coup. D’où le ton de mes écrits. C’est facile de narrer nos aventures. C’est facile de sélectionner les meilleurs clichés à même d’illustrer notre blog. C’est facile d’écrire tout va bien, tout roule pour nous, la vie est belle. C’est moins évident d’avouer que certains jours sont longs ou moroses. Ces jours où on roule beaucoup. Ces jours où il se passe peu. Le fait de partir en voyage n’assure pas une anecdote ou un souvenir inoubliable pour chaque journée. Il y a des jours creux. Je ne sais pas si les filles perçoivent ces journées creuses. Un enfant s’occupe avec peu, et la notion de temps est floue. Toujours cette culpabilité naissante à l’idée que certaines journées aient un intérêt limité pour les filles. Surtout les passages de frontières, les ambassades et les longues journées de route. Cette route du retour, notamment depuis notre redescende du Kirghizstan, est conditionnée par les dates de visas. Timing un peu serré. C’est pour un temps. Bientôt nous n’aurons plus de dates de visas à tenir.

Certains jours on se demande pourquoi. Pourquoi loin et longtemps ? Pourquoi avec des enfants si jeunes ? Pourquoi on est épuisés ? Pourquoi ? Et puis le lendemain de ces jours un peu sombres, tout redevient ensoleillé. Parce que justement on est loin, pour longtemps, et en famille ! Le changement d’humeur tient à peu. C’est notre chance. Un bivouac agréable, une rencontre touchante, un bon repas, un fou-rire familial, un paysage magique. Les plaisirs du voyageur sont nombreux. Variés et fréquents.

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Khiva, dernière halte touristique

On a donc traversé rapidement l’Ouzbékistan de Tachkent à Boukhara. Puis de Boukhara à Khiva. Khiva forme avec Samarcande et Boukhara le trio incontournable des sites touristiques du pays. Pour nos derniers jours en Ouzbékistan on est chanceux. La ville dont l’attrait majeur est la cité fortifiée concentre mosquées, minarets, medersas et ruelles sableuses. Des touches de vert ont remplacé le bleu vif de Samarcande et de Boukhara. Depuis le toit des terrasses de l’ancien palais nous avons une vue superbe. Jeanne et Louise se régalent en grimpant sur les remparts et en haut de tous ces lieux de visite en hauteur. Baptiste n’hésite pas à gravir des échelles branlantes pour obtenir les meilleures images. On sillonne la ville pendant deux jours.

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Nous alternons visites et balades dans les ruelles plus authentiques et le bazar où vit la population. Nous achetons une petite banquette locale. Nous craquons plutôt. Pour notre prochain chez nous. On a l’impression d’emporter un peu du pays avec nous. Et puis des tissus fleuris et colorés comme ils les aiment. Et comme nous aimons aussi. Le camion offre cette chance de rapporter quelques souvenirs.

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Garés au calme dans le jardin d’un hôtel, nous prenons notre temps le matin. Les filles aiment jouer dans ce jardin offert. Nous faisons des petites activités manuelles et des petites séances d’école. Un peu de rangement, de ménage. On ne peut pas visiter du matin au soir, sept jours sur sept. On s’épuise. On emmagasine trop. On ne profite plus. Il faut se ressourcer. Casser le rythme. Pas de routine. C’est notre maître mot. Le besoin de se retrouver chez soi peut paraître saugrenu mais avec tant de dépaysement il nous faut recréer un petit cadre bien à nous. Visiter, déambuler, observer la vie dehors, on aime. Lire, écrire, jouer, se reposer chez soi, on aime aussi.

 

Ourgench, famille d’accueil

Pour finir en beauté notre séjour ouzbek, nous sommes invités dans une famille. Dildora est prof d’anglais et souhaite que ses élèves rencontrent des étrangers pour améliorer leur niveau. Rencontrer oui améliorer leur niveau mouais. Notre accent frenchy est quand même pas dingue. Et notre vocabulaire limité. Elle donne cours chez elle. Une belle salle de classe avec longue table basse et banquettes au sol. Nous prenons place.

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Deux jeunes élèves timides mais touchants balbutient quelques mots. Puis un groupe d’adolescents à peine plus bavards vient les remplacer. Dildora nous explique que certains n’ont jamais vu ou approché des étrangers. Nous sommes un peu des martiens pour eux. Nous alimentons la conversation avec des photos de nos proches et l’itinéraire du voyage sur la carte.

Nous avons un cours de cuisine privé. Le fameux plov dégusté aux quatre coins du pays. On prend précieusement note. On tentera au retour. Cette famille qui nous reçoit avec le coeur est vraiment adorable. Les beaux-parents de Dildora, Kamil et Zumrat ne parlent pas un mot d’anglais mais s’intéressent à nous. Dildora traduit les questions, les propos. On passe un très bon moment en leur compagnie.

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Leurs adieux sont touchants. La maman m’embrasse comme du bon pain.  Après une pause photo pour immortaliser ces visages rencontrés, on file. Parmi les nombreux appareils photos embarqués, Baptiste a osé le polaroïde. On ne l’a pas suffisamment utilisé auprès des familles rencontrés.  En leur offrant une photo de nos familles réunies, et en voyant leurs sourires, on se dit qu’il faudra renouveler ce cadeau. Le côté instantané immortalise notre rencontre sur papier.

 

Frontière Ouzbekistan-Turkménistan

Record battu : 5 heures pour passer la frontière ! Côté ouzbek l’affaire est pliée en une heure. Forcément sortir du pays est toujours plus simple. Côté turkmène : une longue attente et nos nerfs mis à rude épreuve ! Arrivés à l’heure du déjeuner il a tout d’abord fallu attendre 1h30 que ces messieurs finissent leur pause. Puis comme à l’aller, mais encore plus long et fastidieux, un enchaînement de démarches, de paperasses et de paiements divers. Le Turkménistan est le seul pays où il faut payer toute une série de taxes à la frontière. Et pour rajouter à toutes ces heures d’attente (passionnantes avec des enfants vous vous en douterez) ils veulent enregistrer notre camping-car comme un camion. Donc nous obliger à payer une taxe plus élevée. Malins que nous sommes, nous avons photographié le document à l’aller qui justifie que nous avions payé un tarif moindre. Ils l’ont dans le baba comme dirait l’autre. Bref, Baptiste n’a rien lâché pendant une bonne heure je pense. Les filles et moi commencions à craquer sérieusement. J’ai lâché mes fauves qui se sont mis à hurler et courir partout. Je ne sais pas si leur vacarme a eu vraiment les conséquences escomptées mais nous avons fini par être libérés et taxés au prix bus comme à notre entrée précédente dans le pays. Dernier long moment d’attente avec la fouille du camion. Ils sont carrément six à retourner le camion dans tous les sens. « Non mais vous êtes chez nous là ! « J’ai vraiment l’impression désagréable d’une intrusion dans notre espace personnel.

Au moment où Jeanne s’écrit « C’est vraiment trop long les lardons. » Je me rends compte que je râle toute seule à haute voix depuis plusieurs minutes et qu’elle m’a suivi dans ma colère. Avantage non négligeable de ne pas parler leur langue…Louise a trouvé opportun de se faire pipi dessus à ce moment précis. Zen !!!

 

Turkménistan, fin des -stan

Délivrés, on entre enfin au Turkménistan. On était déjà pas pressés d’y revenir. Ça s’annonce bien. Je ne sais pas si c’est lié mais du coup on fonce. Notre visa de transit de cinq jours justifie aussi notre vitesse. A la seule grande ville du nord, Dachoguz, on change de l’argent, on fait le plein de nourriture, le plein d’essence et on file. Traversée du désert jusqu’au lendemain soir. 600 kms légèrement monotones hormis les troupeaux de chameaux en liberté. Il fait chaud, très chaud. Le soleil de face transperce le pare-brise.

 

Notre premier bivouac permet à Jeanne, au petit matin d’aider des dames qui cuisinent non loin de nous. Devenue à l’aise, réussissant à faire abstraction de cette maudite barrière de la langue, elle s’est approchée toute seule alors qu’on rangeait le camion. Elle a observé ces dames, et s’est immiscé dans leur quotidien. Les dames en retour l’ont accueillie, et l’ont intégré à leur séance de cuisine. Jeanne est chargée de verser dans une grande poêle sur le feu des légumes coupés en morceaux. Elle prend sa mission très à coeur.

On la regarde de loin. C’est gagné. De nature curieuse, le voyage a fait grandir en elle son envie d’aller vers les autres. De s’intéresser à eux, de partager ensemble des vécus différents. On est fiers d’elle. On s’est toujours dit : les filles sont notre passeport, notre visa d’entrée. Elles créeront le contact. Ça marche. C’est le fil conducteur d’un pays à l’autre.

Après un passage rapide à Achgabat  (rappelez-vous, cette drôle de ville toute blanche et dorée), les montagnes iraniennes se dressent devant nous.

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La frontière est passée en une bonne heure… quel bonheur de ne pas attendre, de ne pas nous impatienter. Ce doit être par souci d’équilibre avec la frontière précédente !

En discutant avec Jeanne qui pense que nous sommes à l’ambassade (comme chaque fois où nous attendons un peu!), je me rends compte que visa, ambassade, frontière, passeport sont des mots que les filles ont intégré à leur vocabulaire.

 

Iran, heureux retour

Notre visa de 7 jours nous oblige à avaler de longs kms quotidiennement. Nous relions la Mer Caspienne en à peine deux jours. 700 kms entre la frontière et la mer. Pour notre petit camion qui avance à vitesse d’escargot c’est beaucoup. Impatients de longer la mer, le bleu, les vagues. La mer est une constante dans les paysages paisibles. Ceux dont les yeux ne se lassent pas. Ceux dont la présence rassure. La mer est un terrain de jeux pour les filles, un lieu de pique-nique, un coin parfait pour poser le camion pour une nuit. On aime.

Bon, à notre arrivée, on se croirait plutôt en Bretagne pour les vacances de Toussaint… crachin, ciel gris et grosse vagues blanches qui s’éclatent sur les rochers le long de la digue.

L’Iran n’a pas changé. Les klaxons et les saluts sur la route sont de retour. Les « welcome to my country » dits avec le coeur. Les panneaux de signalétique verts incompréhensibles en persan. Les femmes en tchadors noirs. Les deux roues et les taxis qui grouillent dans chaque ville traversée.

Tout le long de la côte de la Mer Caspienne, nous trouvons les villes et le décor urbain différents de notre souvenir. Des panneaux publicitaires démesurés, des magasins d’électroménager et d’aménagement en tous genres, des bureaux. Plus moderne, la région apparaît plus riche. Peut être la proximité avec Téhéran ou le tourisme qui se développe ?

Les iraniens sont les mêmes. Serviables et mauvais conducteurs. Un petit accrochage en pleine vile nous le confirmera. Nous remplissons un constat, sans trop y croire. Pourvu que la maif lise l’alphabet persan…!

Conditionnés par ce visa de transit, les jours filent. Cette parenthèse iranienne se résume à des journées-kilomètres. Il y a peu à visiter dans la région et le mauvais temps limite nos envies. La saison est terminée. Les manèges, les plages, les hôtel semblent au ralenti après la haute saison. On a le sentiment de passer après la fermeture. Après le soleil, après les touristes.

 

Plaisir d’ écrire

Je lis un livre en ce moment intitulé « l’écriture de l’ailleurs ». Qu’est ce qu’un écrivain-voyageur ? Pourquoi et comment écrit-il ? Comment retranscrire un récit de voyage ? Comment transposer un vécu en mots. Comment un récit de voyages est une trame narrative qui s’écrit au fil des jours sans scénario à inventer. C’est vrai, je n’invente rien. Je choisis de jolis mots. Je m’attache à des histoires et des anecdotes. Je me laisse guider par nos aventures, notre avancée. Ma mission est de lui donner vie par des mots et des tournures choisis avec précision. J’aime ces moments d’écriture. Ce sont mes seuls moments à moi. Rien qu’à moi. En voyage, en famille, il faut de temps à autre se retrouver seul. Seule face à ses sentiments, ses émotions. Et comme je déteste la solitude, seule avec mes mots, mes idées, mon crayon ou mon clavier, ça me convient parfaitement.

J’ai créé une vraie dépendance ! Peut être un atelier d’écriture au retour ?

 

Éduquer en voyage

Les filles n’ont rien perdu de leur bagoût et de leur malice.

« C’est bien la carte de l’Asie dessinée sur le camion ? Euh pardon de l’Asie centrale ! » Jeanne enrichie chaque jour sa géographie.

« Comment veux tu qu’on rentre en France si tu ne mets pas ta ceinture Louise ? » Jeanne consciente d’avoir pris la route du retour.

« On est adulte à quel âge ? » Jeanne pressée de grandir…

« Tu sais maman des fois c’est mieux de pas se fâcher. » Lucide.

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Jeanne parle un peu du retour. On n’ insiste pas sur la durée restante du voyage. On voit qu’elle grandit chaque jour, apprend constamment et s’émerveille de beaucoup. J’espère que ces souvenirs particuliers de son enfance ne resteront pas trop enfouis en elle.

« Bon d’accord. Oui d’accord. » Parfois têtue, Louise est plutôt conciliante. Elle suit le mouvement de la troupe mais ne se laisse pas non plus marcher dessus.

« Je veux te dire quelque chose. Je veux te dire un secret. » Loulou prend la parole, participe aux conversations, s’impose.

« Ma maîtresse, elle s’appelle Patricia ! » Prête pour l’école maternelle… et sa rentrée dans quelques mois.

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On se rend compte que c’est encore notre petit bébé. Je me demande comment elle vit le voyage. C’est un peu frustrant. Malgré ses efforts considérables en langage, difficile de lui faire exprimer ses sentiments. Sans les mots, ses mimiques et ses multiples expressions nous apprennent déjà beaucoup sur ses humeurs.

Je compte sur ce voyage pour construire, façonner et faire grandir les filles. Les voir évoluer au fil de notre périple est notre plus grande chance. Leurs progrès sont quotidiens. Leur curiosité grandissante. Leur complicité touchante. En pensant au retour, je me demande si la faculté d’adaptation des enfants les aidera à se remettre dans les rails ou si elles auront comme leurs parents besoin d’un temps pour atterrir.

L’Arménie est notre prochaine destination. Notre cap. Là-bas on aura moins de kms à avaler, le pays est petit. Nous serons en bonne compagnie avec Cath et Gwen. Et nous aurons du temps. Pas de contrainte de visa !

A bientôt, amis lecteurs.

Ju (et ses Ba Ja Lou)

 

13 COMMENTS
  1. Merci pour ces bonnes nouvelles.
    Encore de très beaux paysages qui invitent au dépaysement. Et les filles sont adorables avec leurs petites vestes bleu et rouge.
    Bonne route vers l’Arménie, Damien dit que les arméniens sont sympas et aiment beaucoup les français, encore de belles rencontres en perspective… et peut-être avec des francophones pour une meilleure communication.
    grosses bises à vous 4
    Valou & Dams

    valou 6 années ago Reply
  2. Et merci Ju pour ces impressions de voyage et de route du retour émouvantes qui nous permettent de toucher du doigt vos sentiments, vos joies et vos manques et de bien comprendre et apprécier ce que vous vivez.
    Rebiz

    valou 6 années ago Reply
  3. Je vous souhaite une très belle route de retour ! Les filles grandissent tellement, c’est une belle aventure que vous vivez là. J’apprécie les liens FB qui mènent jusqu’à votre blog … J’ai pu ainsi suivre votre aventure et découvrir de nombreux pays en particulier l’Iran .
    Bonne route et à bientôt.
    Camille

    Camille 6 années ago Reply
  4. Chouette, c’est bêta mais le petit rituel d ouvrir votre blog pour découvrir de nouvelles aventures va me manquer quand vous rentrerez ^^
    (Nan mais rentrez quand meme hein deconnez pas)
    On espérait gagner à l euromillions ce soir pour passer vous faire coucou lors d une de vos étapes mais c est pas encore pour ce soir
    En tout cas profitez (maître mot decidemment) de ces longues semaines encore, on vous embrasse
    (Baptiste rosette te passe le bonjour et te dit de bien apprécier le passage arménien)

    julien 6 années ago Reply
  5. Encore merci pour ces récits. Quel plaisir de vous lire. C’est comme un bon bouquin où les chapitres seraient édités toutes les 2 semaines. On a hâte, on a hâte de vous lire….
    Profitez bien de vos visites.
    Gros bisous du Pays Basque

    Karine du 64 6 années ago Reply
  6. Chouette, une nouvelle édition en ligne dépassant mes attentes.
    Du bleu décliné dans toute sa gamme,
    D’autres tonalités lumineuses,
    Des frimousses fripouilles et canailles qui me font fondre,
    Des paysages un peu lunaires,
    Des anecdotes et scènes de vie familiales,
    Des jours bien remplis à un rythme choisi.

    Pour vous quatre, de l’ancre au climat doux, des baisers iodés à partager.
    PS de Barbamama = Ba le bourlingueur ressemble bientôt à Barbouille….

    Maé 6 années ago Reply
  7. Bonne route de retour! Continuez de nous faire rêver avec toutes ces photos! Gros bisous et à bientôt!

    Name Marjo 6 années ago Reply
  8. toujours aussi plaisant de vous lire, de regarder vos photos, et de partager sentiments, impressions et sensations de votre périple… J’adore les chapeaux des filles !
    Bien affectueusement de nous 6 !
    Maïçou

    Name*DONNARUMMA 6 années ago Reply
  9. Salut les choupinettes,
    Comment ça va?????
    Tonton vous manque?
    Il commence à faire froid à PARIS et nous préparons NOEL!!!!!
    Voici le plus grand Sapin de NOEL au monde.
    http://demo.ovh.eu/fr/4d8f0881316117dfcca49bd34552816e/
    Ils ont fait une erreur ; il est à l’envers ;+))) Ils sont cloche…
    Au fait, comment vous allez faire pour envoyer votre lettre au Père NOEL????
    Y en a pas sur votre route!!!!!
    Vous pouvez envoyer vos lettres à Tonton ; il va s’en occuper.
    Plein de gros gros poutoux partout.
    Tonton sucettes

    Tonton sucettes 6 années ago Reply
  10. Vous êtes en Arménie, J’ai 2 arméniennes en alphabétisation ,elles me parlent beaucoup de fêtes ,de musique,de gâteaux , de leurs familles: on vivrait à plusieurs générations sous le même toit . Elles me racontent leurs montagnes , l’eau gratuite et présente partout . Mais pourquoi veulent-elles vivre en France avec leurs familles ? .Peut-être pourrez-vous m’éclairer un peu plus ?
    A bientôt

    JP & Cl 6 années ago Reply
  11. Princesse Jeanne est sublime ! Quant à Loulou la petite blondinette, je la croquerai dès que je la retrouverai ! Vous êtes beaux tous les 4. Et votre aventure fait rêver…
    je suis tellement fière de vous !
    Gros baisers

    mama 6 années ago Reply
  12. Bonjour à tous,

    Nous avons bien reçu votre carte postale il y a environ 2 semaines.Merci beaucoup
    Très belles photos, ça donne envie de partie aussi.
    Clément embrasse Jeanne et a hâte de la retrouver à l’école en Janvier.
    Profitez bien de ces moments.
    A bientôt,

    Stéphanie, la maman de Clément et Maxime

    viel 6 années ago Reply
    • Jeanne parle tout le temps de Clément.
      Je crois que leurs retrouvailles seront les bienvenues en Janvier!
      A très bientôt sur le blog.
      Jeanne embrasse Clément.

      juju 6 années ago Reply

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