Kirghizstan, et au milieu coule une rivière…

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Nouvelle frontière passée. Tranquillement, facilement. Sans trop d’attente, sans stress aucun. Une adorable petite frontière que je me suis risquée à prendre en photo (interdit pour tout poste de douane, je le sais très bien!). Militaires ouzbeks et kirghizes sont tous deux adorables. L’affaire est pliée en une bonne heure.

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Nouveau pays. Nouvelle monnaie, nouvelle langue. Nouveaux visages, nouveaux paysages. Surtout visages et paysages.
Les gens sont beaux. Les traits fins, le teint un peu mâte, des yeux noirs perçants. Un chapeau blanc en feutrine pour les anciens.
On dirait celui du clown Auguste. Un foulard coloré pour la plupart des femmes, avec la nuque dégagée.

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Arrivés sur le sol kirghize, on revit. La route est belle. Je veux parler du goudron lisse, noire, neuf, presque doux ! Les routes turkmènes et ouzbèkes étaient vraiment en mauvais état. On comprend mieux la fatigue accumulée en fin de journée. Ici, quel bonheur. On est à deux doigts d’embrasser le bitume. On glisse sur la route sans se soucier d’un nid de poule, d’une bosse, d’un passage en terre. Pour nous combler, les stations essence jalonnent la route, sont ouvertes et ont des pompes de diesel. Sacré soulagement, vraiment.

Quand j’ai écrit ces lignes on découvrait le pays par la route principale. C’était avant de s’aventurer dans les hautes montagnes du centre… et bien le Kirghizstan aussi a ses mauvaises pistes. Pléonasme. Il y a une route carrossable unique qui relie Och (au sud) et Bichkek (au nord). J’y reviens dans le récit de notre virée autour des lacs.

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Quand je dis que la route est belle, nous levons tout de même les yeux au-delà de l’asphalte, et c’est franchement magique. Des chaînes de montagnes à droite, à gauche, des cols avec des pics enneigés au loin, une rivière qui s’élargit et se rapetisse au fil des virages, des arbres aux couleurs de l’automne qui donnent envie de se mettre à la peinture.

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Le cadre est idyllique. On regarde impressionnés ces montagnes, ces cols à plus de 3000 mètres. Le long des routes vit la population locale. Des yourtes et des roulottes ponctuent le paysage. Nous sommes bel et bien au pays des nomades. Les chevaux sont partout. En troupeau, en liberté. Sur la route, dans les champs. On aime ce pays d’emblée.

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_MG_6181 _MG_6370 _MG_6168 _DSF3804 _DSF3815 _DSF3800 _MG_6355Les paysages sont envoûtants. La nature déploie ses plus beaux atouts. Des images qui resteront longtemps. Les contrées kirghizes nous ont tout de suite charmées. On se sent tous petits et souvent seuls au monde.

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26 septembre, anniversaire de Jeanne

La frontière passée, il est grand temps de fêter les 5 ans de notre Jaja. Elle piaffe depuis ce matin, que dis-je depuis le départ (?) Les jours sont comptés précieusement sur le calendrier de septembre est affiché près de la date.

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Une belle nappe, des petits fanions jaunes et bleus (du mariage de Valou et Damien), de la musique, des pâtes au pesto, un gâteau au chocolat (un brownie brossard gardé précieusement depuis le départ!), du coca-cola, et bien sûr des bougies et des cadeaux ! Un camping-car lego, un puzzle sur Paris (où Jeanne en voyant Notre Dame de Paris s’écrira « Mais c’est la Mosquée Sainte Sophie! »), une robe de princesse, un cerf-volant, un livre, des perles pour fabriquer des bracelets, un jeu de société et une bague. C’était vraiment une belle fête. Un beau moment tous les 4. Jeanne et Louise en parlent encore et jouent à refaire l’anniversaire avec des bougies sur des gâteaux en pâte à modeler.

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Jeanne a eu une belle surprise avec une vidéo réalisée par ses grands-parents, oncles, tantes, cousins et copains de l’école. On a vu et revu la vidéo. Jeanne était bluffée. Nous aussi. Un grand merci à tous. Un gros bisou à Gaïa et Clément, les copains qui étaient dans la confidence. Adorable de les voir balbutier d’émotion à Jeanne « Tu nous manques. »

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Invitation kirghize

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Juste avant Bichkek, nous bifurquons de la route pour s’arrêter pour la nuit. Dans un petit village, une famille nous propose de se garer dans leur cour. Cette ferme familiale où vivent trois générations fait le bonheur des miss. Moutons, vaches et veaux, chien et chiots, poule gravitent dans les étables. Arrivés tard, Baptiste accepte un thé puis une vodka pendant que je couche les filles et ne tarde pas à m’écrouler de sommeil.

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Bichkek

La route jusqu’à Bichkek, la capitale, nous a plongé au coeur de la vie des nomades kirghizes. Vivant au bord des routes, ils vivent de petits commerces. Du miel, des épiceries, des petites cantines.

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Le décor est superbe mais je les admire. Surtout les familles. Ces petites têtes brunes recouvertes de bonnets vivent dehors. Leurs pommettes rouges en témoignent. Dans les moindres petits villages, des écoliers marchent le long des routes. En uniforme, avec cartable sur le dos, à pied le plus souvent parfois en vélo. J’imagine que plusieurs kms les séparent le plus souvent de leur maison. Et encore la neige n’est pas encore tombée. Enfin juste sur les cols.

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Au milieu de rien, ils déploient leurs yourtes, déroulent leurs habitations et évoluent dans ces plaines désertes. On s’arrête souvent le long des routes pour déguster les plats locaux. Délicieux.

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Bichkek marque une halte. Autre décor, autre mode de vie. La modernité de la ville nous étonne. Par comparaison avec les nomades croisés sur la route. Parallèlement aux autres capitales de l’Asie Centrale. Les gens sont plus modernes. Leur style de vie, leur style vestimentaire. Les couples sont visibles. Les gens se touchent, s’embrassent. On vous assure on n’a pas vu ça depuis un moment. Les magasins aussi. Des centres commerciaux sont installés aux quatre coins de la ville. Des taxis zigzaguent dans toute la capitale. Particularité de ces taxis : ce sont des camions mercedes, comme nous. Ils ont le même profil et ce petit capot particulier. Orange, vert, jaune, bleu. L’idée nous vient de repeindre le nôtre. Pour un prochain voyage?

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On s’offre une laverie : 10 kgs de linge ! Le temps automnale commence à rendre les lessives plus complexes. Et quel intense bonheur de se glisser dans des draps propres et d’enfiler des vêtements qui sentent la lessive et qui respirent le propre. La lessive à la main simule une sensation de propre… là c’est propre pour de vrai !

Pas de visas, pas de formalités, donc repos en attendant notre linge. Parcs et petits restaurants nous offrent des bons moments familiaux. On dort sur le parking de l’hôtel Hyatt Regency (chaîne luxueuse d’hôtels). On continue d’entrer dans ces halls clinquants, de faire un saut aux toilettes et de retourner à notre petit camion. C’est vraiment notre petit chez nous. On prend plus le temps de s’y poser, reposer, vivre. On l’apprivoise, on le personnalise. On le rend un peu plus cosy.

Tellement à voir, à découvrir, à observer. Il faut oser les haltes. Les haltes où on se ferme un peu le temps de se retrouver tous les 4. Les filles aiment ces moments. Le camion est leur salle de jeux, leur chambre, leur bureau pour dessiner, coller, découper, peindre, lire. Dès qu’on s’en éloigne, elles ont inquiètes. Et Loulou répète alors constamment « Mais il est où le camion ? »

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Lac Issyk-kul

Nous quittons la capitale pour le lac Issyk-Kul. Prononcé Ici cool, un nom prometteur donc. Deuxième plus grand lac alpin au monde avec ses 170 kms de longueur et ses 70 kms de largeur, il représente la fierté du peuple kirghize. Arrivés sur ses rives dans l’après-midi, Jeanne demande, comme à chaque pause « On dort ici ? ». Allez, bonne idée. L’endroit est vraiment superbe. Paisible.

Pour vous poser le cadre, nous avons la douce impression d‘être seuls au monde face à ce lac bleu vif avec ses petits moutons blancs. Des champs d’herbes et des arbres plantés ça et là forment le rivage. Des troupeaux de chevaux en liberté galopent de temps à autre et broutent l’herbe non loin de notre campement. Un filet d’eau nous permet de s’atteler à une petite lessive. On déroule notre maison. Hamac, tapis de jeux, table pour les activités des miss. Un peu de musique en fond. Elle est pas belle la vie ?

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C’est bon de voir qu’on peut encore improviser. Depuis que nous sommes parents, nous trouvons difficile de tout anticiper, tout prévoir, tout calculer. Il faut bien tout caler sur son calendrier ou son agenda pour s’’y retrouver. Finalement, en voyage en famille, l’opportunité d’improviser s’offre souvent à nous. Ou plutôt on s’offre d’improviser. Tiens, si on allait au resto ce soir ? Si on offrait aux filles un tour de château gonflable ou de manège ? Si finalement on visitait ce joli lac de montagnes vanté par tous les guides ? Si on s’arrêtait ici juste pour profiter et prendre le temps de digérer l’aventure ? Évidemment notre liberté a ses limites, mais ce sentiment de choisir, de décider à 2 ou à 4, de répondre à nos envies est une chance de chaque instant.

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Le lac Issyk-kul est grand, nous manquons de temps pour en faire le tour. Comme quoi notre liberté et la gestion du temps a ses limites… Nous le longeons le temps de s’en imprégner un peu plus puis faisons demi-tour à Barksoon.

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C’est pas un petit demi-tour de rien du tout. En réalité c’est le demi-tour qui nous fait prendre la route du retour. On rentre à la maison. Cap vers l’ouest maintenant. Le Kirghizstan était le pays le plus à l’est de notre parcours. Les trois pays suivants (Ouzbékistan, Turkménistan, Iran) ne nous sont pas inconnus. Les prochains jours vont nous faire avaler pas mal de kms. Dates de visas et timing oblige. Nous avons rv avec Cath (soeur de Baptiste) en Arménie fin octobre. Bon on n’a pas insisté auprès des filles pour ce retour sur le long terme. « Les filles, ça y est, on rentre à la maison. On y sera dans plus de trois mois. » La notion du temps est clairement un acquis d’adulte. Jeanne demande régulièrement si on est le matin ou l’après-midi. Et Louise veut se mettre en pyjama dès qu’on s’arrête !

La pluie nous accompagne depuis la découverte du lac Issyk-kul. Comme c’est la première du voyage on lui pardonne mais elle semble s’être installée pour durer… moins pardonnable ! Nous voilà couverts  de la tête aux pieds : jean’s, bottes ou chaussures de marche, polaires et cirés voir anoraks. Les filles sont ravies. Changer de garde-robe leur fait vraiment plaisir. C’est vrai que nos habits d’été étaient réduits. Les sweats emportés paraissent rétrécis, on voit bien que les filles ont poussé depuis le départ. Notre petit plaisir, aux filles et à moi, est d’enfiler nos chaussons en montant dans le camion. On ne salit pas l’intérieur, on est bien au chaud, et on sent que c’est notre maison qui roule et pas notre camion qui nous abrite.

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Bon niveau douches on se laisse un peu aller je dois dire… la baisse des degrés y est pour beaucoup. Le fait de ne plus transpirer du matin au soir comme en été aussi. Les filles ne réclament nullement de douche. Nos cheveux nous rappellent de temps à autre qu’il serait temps de se laver !

Lac Song-Kol

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Splendide lac de montagne perché à 3016 mètres indique le guide. Description alléchante. L’altitude nous fait hésiter un moment…. s’il pleut en bas il neigerait pas en haut des fois ? Mais l’envie de découvrir de nouveaux paysages est plus forte que tout. Aventureux, audacieux, curieux voir inconscients  ? Un peu de tout ça. Pour partir six mois en famille en camion il faut bien ça.

Niveau aventure on va être servis ! Le début de la route continue de nous régaler de goudron. Puis après un petit village de roulottes, nous partons sur la piste qui nous mènes au lac Song-Kol.

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On ne le sait pas à ce moment précis (et heureusement) mais on vient d’entamer un trajet de presque 300 kms uniquement sur piste. Bye-bye l’asphalte. Hello les secousses, la poussière, la fatigue nerveuse et physique. Nos dos vont en prendre un coup. Les filles ne semblent pas voir de différence. Si ce n’est Jeanne en pleine séance d’écriture « Papa, conduis doucement ! ».

_DSF3697 _DSF3700La piste sillonne à travers les vallées, les montagnes. C’est grandiose. Quelques rares maisons aux cheminées fumantes se cachent au détour de la route. Pourquoi et comment décide t’on de s’installer en pleine montagne au milieu de nulle part ? A des kms des autres, des vivres. Un choix ou un héritage familial ? Ces questions nous taraudent. Touristes de passage, j’admire ces familles isolées. Familles de bergers, leurs troupeaux n’ont pas d’enclos. Sur leurs montures, les bergers sont aussi et surtout des cavaliers. Ils surveillent leurs bêtes dans ces décors surréalistes.

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Moutons, vaches, chevaux et alors que notre route s’accroche à la crête des montagnes un troupeau de yacks surgit. Ces vaches à poil longs nous rappellent que nous sommes à la cime des montagnes. Les filles admirent, Louise se réveillant tout juste de sa sieste. Jeanne répète yyyyyack. Y ça commence par Y. L’écoute et la reconnaissance des sons progresse !

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Une série de lacets difficiles nous fait douter l’espace de quelques minutes. La piste est devenue très étroite, un peu boueuse et caillouteuse. Et les lacets s’enchaînent. Raides et ne nous laissant pas le temps de souffler.« On n’est pas un peu dingos quand même ? » J’ai l’iphone sous les yeux avec le GPS dessinant les lacets irréguliers et serrés. Je décris la route à Baptiste pour anticiper et négocier plus facilement les virages. « Encore 5. Le prochain est bien méchant. Après ça va mieux. Ca va toi? No stress. Les filles sont mimis. « Regardez les chéries comme on est haut dans la montagne ! On encourage papa ? Allez papou, allez papou ! Chauffeur si t’es champion…»

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Et puis d’un coup, d’un seul, sans panneau pour annoncer le lac, sans voiture ni devant ni derrière (on ne croisera aucun véhicule avant de redescendre le lendemain) le lac a surgi. Le ciel s’est dégagé ou plutôt on a traversé les nuages. Les rayons du soleil ont crée un halot au-dessus du lac bleu vif. Comme une apparition. Baptiste s’est arrêté. Et dans le silence de la nature on a admiré un long moment. L’herbe jaune or encerclant le lac. La ligne bleue du lac. La ligne blanche des montagnes enneigées. C’est fou comme paysage. Sans regrets pour tous les kms gagnés un à un et les lacets gravis un à un. Les sites d’une beauté pareille se méritent.

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On croise un cycliste suisse (encore plus fou que nous donc) qui fait le tour du lac. On a deux options en haut du lac. Redescendre par une autre piste plus courte puis revenir sur notre goudron du matin. Une sorte de demi-tour. Un problème pour nous qui allons constamment de l’avant. Autre option : poursuivre le long du lac, en profiter, et redescendre plus loin, en poursuivant notre cap vers l’ouest. Chemin du retour en somme. Vous l’aurez compris on poursuit ce petit trek familial sur 4 roues.

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L’altitude ayant réduit nettement les degrés.. on avance un peu malgré la fin de journée  et la nuit tombante. La piste est toujours aussi mauvaise mais à droite, à gauche c’est de toute beauté. Je n’ai pas baissé les yeux de la journée. Impossible de me détacher de ces montagnes. L’appareil photo n’est jamais loin.

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En plein virage, on finit par stopper le camion. Il fait nuit, la fatigue a gagné l’ensemble de la troupe. Et surtout la route est devenue boueuse. L’aventure extrême a ses limites. Nous 4 aussi. On cale le camion avec des pierres, on dispose les cales sous les roues avant histoire d’avoir à peu près la tête droite. Je saute sur las casseroles pour cuisiner à la va-vite des oeufs brouillés, Jeanne et Louise se glissent dans leurs pyjamas, Baptiste transforme les banquettes pour la route en salle à manger. Rituel du soir. Rassurés d’être arrêtés même au milieu de rien, même un peu en pente, l’inquiétude revient au galop devant un constat sacrément angoissant : le chauffage ne fonctionne pas. L’altitude ou le mauvais diesel ? A peu près à 2500 mètres, le froid est saisissant. Le repas avalé, on couvre les filles de la tête aux pieds, on les emmitoufle dans leurs couettes et la couverture polaire et on s’endort d’un oeil. 5° dehors, 12° dedans. 22 heures. La nuit est rythmée par des réveils pour emmitoufler à nouveau les filles. Jeanne ne bouge pas trop et garde son profond sommeil. Louise bouge tout le temps et finira la nuit entre nous.

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Heureux de voir le soleil se lever le lendemain, on redescend pour rejoindre le bitume. Un couple nous demande de les prendre en stop. Lui semble garde-forestier. Ils ne parlent pas un mot d’anglais, donc la route sera silencieuse. Dommage.

Malgré le froid et les kms, notre folle virée restera inoubliable. Sortis des sentiers battus, la nature se dévoile et l’homme se sent bien petit. Le temps d’une traversée. Un temps rien que nous. Un temps pour l’essentiel. On touche du bout des doigts le pourquoi de ce voyage. On rêve à d’autres voyages, d’autres pistes finalement. Un camion 4×4 ?

Le bitume est synonyme de ville, de passage, de vie moderne. On connaît. On a ces codes. Les sentiers qui dévient de la route sont une porte ouverte sur la richesse de la nature. Des animaux rares, des paysages époustouflants qui ne sont pas dénaturés et détournés par la main de l’homme.

Un moyen de se retrouver ensembles. Juste soi et les siens. Le silence pousse à l’admiration, la réflexion. On manque de silence dans notre quotidien. Pendant notre aventure familiale, le silence prend part à l’aventure. Les heures sur la route ne se comptent plus. Chacun vaque a ses occupations. Côte à côte mais chacun pour soi. Baptiste les mains sur le volant et les yeux rivés sur la route, concentré pour anticiper les erreurs de conduite des autres conducteurs. Louise multiplie les siestes. Une petite le matin si la nuit a été trop courte. Une grande l’après-midi pour recharger les batteries. Grandissant au fil des jours, Loulou apprend l’autonomie. Colorier, lire, jouer à la poupée, rêvasser par la fenêtre. Petite fille tranquille, elle suit le mouvement facilement. Jeannette apprend à allonger les temps d’école. Avec ou sans moi. Elle aime quand sa soeur somnole et qu’elle est « seule » avec ses parents. Pour papoter, chercher le nom du pays, de la capitale, la couleur du drapeau. Se rappeler les copains, la famille. Questionner sur tout et rien. Petite fille curieuse, on aime ses envies de découvertes. Pour ma part, le silence me pesait au début de l’aventure. Et puis finalement il a pris sa place dans le voyage, dans le camion. Dans le quotidien, chacun a sa journée et le plaisir du soir consiste à se raconter la journée et échanger sur les petits hauts et les petits bas qui font la routine. En voyage au long cours, nos journées sont semblables. Notre vécu est similaire. C’est notre particularité. A quatre,  24 sur 24.  Qu’importe, la richesse des journées permet de les digérer et de les faire durer. L’instant T nous échappe. On oscille entre hier et demain. Roulant constamment, j’ai l’impression de bouger, d’avancer en permanence. Les pauses sont bénéfiques pour réaliser le chemin parcouru. Pour revenir au temps réel.

Une halte pour un déjeuner dans une roulotte en bord de route, nous a offert un beau moment avec la découverte de la vie d’une famille. Les photos sont plus parlantes.

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Sur ces petites touches philosophiques et ce récit de notre vie nomade, je vous laisse pour aujourd’hui. Le Kirghizstan nous a largement séduits, vous l’aurez compris. La route du « retour » est entamée. Bientôt la moitié du voyage. Chouette, encore trois mois d’étonnements, de surprises, de libertés. Chouette, dans trois mois, famille et amis seront parmi nous. Période charnière.

Pour finir, en mots et en images….

« Regarde, maman,  je suis la princesse au petits pois. » Bien vu.

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Et Loulou qui me fait fondre quand elle dit en courant à ma rencontre pour sauter dans mes bras « Allez, maman, je cours dans tes câlins. »

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« -Regardez les filles, on passe un col. C’est le plus haut de la montagne. Il y a de la neige sur les pics.
-Mais moi j’ai pas pris mes skis ! » s’exclame Jeanne.

« -Oh regarde Louise, des yourtes ! On a de la chance de voir ça sur la route. Tu as vu c’est les mêmes yourtes qu’à Camaret. » Jeanne pensant que les yourtes sont d’origine bretonne…

Bises kirghizes (quitté avant-hier)

Becs ouzbeks (retrouvé hier)

Ju Ba Ja Lou, on the road again !

 

 

 

 

 

13 COMMENTS
  1. Merci pour les mots, les images et les questionnements des modes de vie.

    À chaque nouvelle lecture de vos récits, la sensation toujours plus forte de ne plus rien suivre … Vous êtes si loin, nous sommes tellement dans nos quotidiens, on pense à vous bien sur mais avec un décalage par rapport à votre situation ….

    Heureusement pour moi, je n’ai pas de crainte pour vous autre que médical … Le reste fait les souvenirs et les anecdotes (des fois bien plus tard).

    Le fait de vous savoir sur le retour va s’en doute nous aider à mieux de projeter .

    Bravo et merci

    Aurélien 6 années ago Reply
    • Merci Aurel pour tes jolis mots. On n’est pas loin, on arrive. On finit juste ce projet un peu fou. Plein de bisous à vous 3

      juju 6 années ago Reply
  2. Vous nous faîtes voyager, rêver, découvrir et nous interroger sur nos choix de vie ! Comme je suis fière de vous et de ce beau projet, vous me bluffez un peu plus à chaque blog et ton talent d’écrivain n’est plus à prouver Julie ! C’est un réel plaisir de te lire à chaque nouveau post. Vos photos sont magnifiques et donnent envie d’explorer de nouvelles contrées. Continuez à nous régaler avec votre belle aventure à laquelle j’ai vraiment hâte de prendre part… Vous nous manquez…
    grosses bises mes chéris

    valou 6 années ago Reply
  3. Les filles se sont faites draguer par des petits Kirghizes non ? (cf photo). Qu’elles n’aillent pas se fiancer avec des petits habitants du Kirghizistan, c’est trop loin ! (même si c’est un pays où je rêve d’aller après votre récit-reportage haut en couleurs!).
    BRAVO. Gaspard aura beaucoup de choses à apprendre de ses cousines…il a hâte de les voir!
    1000 baisers

    mama 6 années ago Reply
  4. Les bouilles des filles, un récit d’aventure qui se dévore à toute heure. Paysages grandioses, atmosphère de dépaysement , habitat nomade avec yourtes et roulottes… Et une envie irrésistible de prévoir un voyage pour y aller et fêter nos 120 ans (2 fois 60 avec Maé !).
    Merci pour ces partages .

    TyDom 6 années ago Reply
  5. Jeanne est la seule personne que je connaisse qui ait fêtée ses 5 ans au Kirghisistan, dans un lieu insolite, des paysages incroyables, une faune à portêe d’yeux, la flore près du lac improbable.
    Que de couleurs entre vos tenues bariolées, le hamac, les ruches très chouettes ( le miel doit être archi pur), et les roulottes bleues qui font rêver Dom & qui en verrait bien une à l’ancre.
    Par contre, je m’interroge sur la vie en plein hiver des kirghizes habitant près de ces routes que vous avez empruntées ? Vous m’en direz plus & si leurs intérieurs sont aussi cosy que le votre.
    Merci en tout cas pour ce fil qui nous relie bien à vous, biz & à bientôt pour le prochain épisode que vous êtes déjà entrain d’écrire et d’illustrer.

    Maé 6 années ago Reply
  6. de Gironde..

    Hello la famille KiKi
    je découvre ce jour ( mais entre le déménagement du 34 vers le 33, l’installation, et enfin la retraite de Marie…) votre périple..et bien chapeau …que de découverte, de richesse
    alors Bon retour…mais je vous suis maintenant.
    Nous vous embrassons
    Laurent (fils de Simone et d’André) et Marie

    Name*SOULAT Laurent 6 années ago Reply
  7. A l’attention des lecteurs d’un jour ou de toujours
    N’hésitez pas :
    – â poser des questions,
    – faire part de vos réactions,
    – demander des précisions,
    – envoyer un mot d’affection,
    -…
    Merci pour vos futurs commentaires qui feront plaisir aux lointains voyageurs qui vous sentiront davantage proches d’eux.
    Catherine lectrice maman belle-maman grand-maman

    Maé 6 années ago Reply
  8. Waou, quel superbe pays ! Ca donne juste envie de vous rejoindre pour partager un petit moment au bord d’un lac entouré de montagnes ^^
    En tout cas même si vous nous manquez, ça fait plaisir de vous voir en profiter comme ça
    gros becks

    Julien 6 années ago Reply
  9. youhaaaa!! quels paysages!!
    Baptiste a t’il trouvé un « car wash « après la virée autour du lac?
    on vous embrasse, bisous aurélie bzh

    Aurélie 6 années ago Reply
  10. Aaaaaaaah! Ooooooh! Trop beau !!! Vous l’aurez compris, nous aussi on kiffe grave le Kirgibidulle…! Ca fait un peu bout du monde ; et un peu bout du voyage 🙁 …
    Ici aussi, on a rallumé le chauffage (mais ici, il marche 😉 La pluie est de retour aussi 🙁 et TROTRO aussi!!! 😉
    Et dire que tu vas rater la consultation sur les nouveaux programmes ce mercredi, Juju!!! Mais on te racontera, promis!!
    Question de Malo : les yourtes, ils les construisent comment? Avez-vous pu en visiter une? Y dormir?
    On a aussi du mal à imaginer de quoi peut bien vivre la population… Et les villes? A quoi ressemblent-elles?
    En tout cas, moi, à « Qui veut gagner de l’argent en masse? », je sais à quels amis je ferais appel!!!! Pleins de bisous de Colombiens (de Colombes :-(( pas les autres… et à très vite !

    Name*Patoche 6 années ago Reply
  11. merci à vous pour vos récits de voyage, vos photos et la mine toujours réjouie des filles …un vrai plaisir de vous lire et de regarder l’album photo ..; Notre lac n’est pas mal non plus…quoique… un peu plus urbain que le votre !!
    Bien affectueusement de nous 6 ! Maïçou

    Name*DONNARUMMA 6 années ago Reply
  12. Toujours de superbes couleurs !!! On adore voir les frimousses des filles !! Joyeux anniversaire Jeanne :tu as été super gâtée !! C’est bientôt mon anniversaire aussi: je rêve d’être dans un tel paysage :promis je relirai ce passage ce jour-là .
    Continuez bien votre route

    JP & Cl 6 années ago Reply

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